par Lionel Guérard

La navigation était difficile selon la saison:

  • en été (période d'étiage): le débit de l'eau était au minimum et son niveau au plus bas.
  • En hiver, il y' avait parfois des crues (débit très important de l'eau), le niveau de l'eau très haut empêchait le passage des bateaux sous les ponts et la puissance du courant gênait la navigation. Le froid gelait aussi les fleuves. Dans ces cas là, la navigation était interrompue.

En période de grandes crues, les convois remorqués avaient bien des difficultés à remonter les courants sous les ponts et particulièrement les ponts anciens en pierre avec des piles rapprochées les unes des autres pour lesquels les arches étaient étroites.

Les mariniers redoutaient ces ponts tels que celui de Pont de l'Arche, des Andelys, de Vernon, de Poissy ou de Sèvres, en cas de grandes crues.

Après la guerre 1939-45, de nombreux ponts ont été réparés, soutenus provisoirement par des pilotis en bois. Ils représentaient un mini-barrage sur la Seine avec une légère chute de l'eau et étaient très difficiles à remonter étant donné la puissance du courant.

Le capitaine décidait parfois de faire un retour : Il montait la moitié de son convoi, sa machine fonctionnant à pleine puissance, puis garait les bateaux à l'amont du pont. Il redescendait ensuite chercher le reste du convoi, remontait, récupérait les bateaux garés en amont. Le convoi reprenait ensuite sa route.

Les artisans et leurs automoteurs n'ayant pas un moteur assez puissant pour franchir le pont se garaient à l'aval de celui-ci. Il arrivait parfois qu'un remorqueur de service pendant la crue les assiste pour la remontée.

Ces automoteurs en attente pouvaient aussi s'accrocher à la suite d'un convoi en forçant leur moteur au passage du pont. Cela pouvait représenter une suite impressionnante de bateaux.