par Lionel Guérard

Après l'invention de la machine à vapeur comme source d'énergie.

Les premiers remorqueurs mus par la vapeur sont les toueurs. Un toueur est un remorqueur qui se toue (se tire) et avance grâce à une machine à vapeur entraînant deux roues à gorges sur lesquelles s'enroulent (sur deux ou plusieurs tours) une chaine noyée en fond de rivière, ancrée solidement en amont à l'extrémité du parcours.

Cette chaîne passe dans un guide articulé à une extrémité du bateau, puis dans une goulotte et enfin sur les roues à gorge. Elle retombe dans la rivière à l'autre extrémité du bateau en repassant dans un guide. Les mariniers les appelaient parfois bateaux à deux culs. En effet, les deux extrémités du toueur étaient identiques et il pouvait ainsi fonctionner dans les deux sens.

Les premiers essais eurent lieu vers 1830. La navigation était difficile, il n'y avait qu'une chaîne pour plusieurs remorqueurs toueurs.

Le toueur remontant le courant avec des péniches chargées était prioritaire sur l'avalant descendant dans le sens du courant généralement avec des bateaux vides. L'avalant devait se libérer de la chaîne pour laisser passer le montant et  remontait celle-ci avec un croc pour repartir.

Ils pouvaient aussi s'échanger le convoi sans se séparer de la chaîne. Le toueur montant repartait dans l'autre sens avec le convoi de l'avalant et vice-versa.

Touage à l'aval de Paris

Toueurs sur la Haute Seine

 

Amélioration sur les toueurs

L' entrainement de la chaîne sur des poulies magnétiques ne nécessitait qu'un seul tour (système Bovet).

Après l'invention et la généralisation de l'hélice, les derniers toueurs en étaient équipés. La chaîne était utilisée uniquement à la remonte, jusqu'à 14 bateaux chargés (écluse de Bougival).

A la descente (avalant), ils se séparaient de la chaîne et naviguaient sur l'hélice dans le sens du courant et tractionnaient le plus souvent des péniches vides.

Le touage disparut avec la généralisation des remorqueurs à hélice entre Rouen et Conflans-Sainte-Honorine vers 1900 et en 1931 entre Conflans et Paris. Un autre service de touage existait en Haute Seine au dessus de Paris jusqu'à Montereau.

La chaîne noyée traversait les écluses dans une petite rigole entre les portes, elle retombait dans celle-ci lors de la fermeture des portes.